Longtemps hébergé par le journal Libération, La Diagonale de l’art poursuit une forme d’ekphrasis à l’âge du numérique, en proposant un regard esthétique sur des expositions et des portraits d’artistes vivants.

Philippe Godin

Ce blog tente donc de relever le défi de concilier les exigences d’une écriture plurielle qui se confronte aux œuvres contemporaines tout en s’adaptant aux contraintes de l’internet.

Un beau pari qui privilégie les œuvres qui se dérobent aux coups d’œil pressés, préférant celles qui se jouent des multiplicités de sens et nous forcent à penser. À l’instar de certaines créations d’art brut ou de propositions d’art contemporain qui nous emportent là où l’œil se perd et la raison s’affole, nous apprécions les créations qui donnent une consistance esthétique à notre subjectivité contemporaine traversée de plurivers culturels, d’identités multiples et de temporalités disparates. Bref, nous aimons que les artistes désorganisent notre perception, et mettent à mal les croyances auxquelles nous nous sommes attachées.

Nous restons en ce sens naïvement fidèle à une certaine idée du « surréalisme » et de la poésie visuelle comme défense du droit de vagabondage de l’esprit, et amour des cultures, sans souci de classification, et de hiérarchies. D’où notre attachement aux démarches curatrices initiées par Harald Szeemann ou Jean-Hubert Martin promouvant une pensée visuelle affranchie des frontières académiques, susceptible de faire bouger les lignes qui président au partage du sensible au sein d’un régime de l’art contemporain ouvert à des catégories de créations autrefois confinées à ses marges : art brut, art premier, naïf, modeste…

À l’image de l’exposition Carambolages présentée au Grand Palais au printemps 2016, nous voulons que ce blog invite le lecteur à découvrir les œuvres en dehors de tout a priori conceptuel ou méta-discours, et rapproche des arts a priori « étrangers » : une sculpture de Papouasie, une peinture européenne du XIXème ou une installation vidéo, un dessin d’art brut ou une pièce d’art conceptuel. Nous espérons ainsi dégager de ces voisinages de nouvelles perspectives esthétiques. Chambouler et décloisonner les définitions et les limites des arts et des cultures, tracer des diagonales entre des créations et des univers hétérogènes, nous semble le meilleur rempart contre les tentations actuelles de repli identitaire qui ne sont pas le seul apanage des communautés grégaires…

Nous tenons à remercier tous ceux qui ont contribué à la réalisation de ce blog : François Blanc, président fondateur de Communic’Art, ainsi qu’Arthur Banc, expert en stratégie digitale, Mathias Jouan, fondateur de ScreenUp, Anne Caroux, chargée de communication indépendante, et l’artiste Richard Di Rosa, auteur du Logo de La Diagonale de l’art.

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